Top départ pour l’usine du futur Made in France

C'est l'un des 34 plans de reconquête industrielle du gouvernement. Mesure phare : des aides pour moderniser l'appareil productif des PME.

Impression 3D, matériaux composites, virtualisation… Le gouvernement donne aujourd’hui le top départ à son plan Usine du futur, l’un des 34 plans inscrits dans le vaste programme de reconquête industrielle lancé à l’automne dernier par Arnaud Montebourg (« Les Echos » du 12 septembre). L’objectif ? A la fois ambitieux et simple sur le papier : combler le retard d’investissement à l’origine du décrochage de l’industrie française et remettre son appareil productif en pole position pour la prochaine révolution industrielle qui s’annonce.

Il y a urgence. «Une bonne partie des outils des petites entreprises françaises affichent quarante ans d’âge, autrement dit, ils datent du plan Marshall », confie-t-on dans l’entourage du ministère de l’Economie. Au plus bas dans les sondages, François Hollande ne pouvait pas manquer l’occasion pour montrer sa mobilisation dans la bataille pour la compétitivité. En présence de Manuel Valls, d’Arnaud Montebourg ou encore de Ségolène Royal, le chef de l’Etat présidera en fin de matinée le deuxième comité de pilotage de ce vaste chantier, au cours duquel seront dévoilées les feuilles de route de quatre des 34 plans : les réseaux intelligents pour le transport de l’énergie, les supercalculateurs, les logiciels et systèmes embarqués et, donc, l’usine du futur.

Piloté par Frédéric Sanchez, le président du directoire de Fives, et Bernard Charlès, son alter ego de Dassault Systèmes, le plan Usine du futur a identifié ce que l’industrie française est capable de produire de mieux. Résultat, une petite vingtaine de technologies clefs, certaines déjà abouties, d’autres nécessitant encore du travail de recherche pour arriver à maturité. Mais là où l’Allemagne se concentre sur le tout numérique, la France, elle, a choisi une approche globale en partant d’une quasi-feuille blanche : son usine du futur vise à combiner des technologies comme le prototypage rapide, les interfaces homme-machine, la robotique ou la réalité augmentée, en mettant l’homme – c’est-à-dire les conditions de travail -, au coeur des préoccupations.

« Valoriser l’homme, pas le supprimer »

« L’Allemagne met 40 milliards d’euros de financement public sur « usine 4.0 », explique le président du directoire de Fives, Frédéric Sanchez. Mais l’Allemagne manque de personnel et mise beaucoup sur la robotisation et le digital. Le problème est différent en France, où l’usine du futur intégrera le facteur humain sans procéder à une robotisation totale. Il s’agit de valoriser l’homme, pas de le supprimer. » Cette approche vise aussi à séduire les pays émergents, où les problèmes de coûts de main-d’oeuvre sont moindres.

En attendant, sept projets pilotes, qui serviront comme autant de vitrines vont voir le jour, suivis d’une dizaine d’autres d’ici à la fin de l’année. Il s’agit notamment d’un procédé de moulage par injection de métal chez Safran, de conditionnement de bouteilles de gaz liquide (Air Liquide) ou encore de fabrication de petites pièces en composites (Daher).

Reste le plus dur, sans quoi rien de tout cela ne pourra porter ses fruits : organiser le grand saut des PME françaises. Avec l’aide des régions, jusqu’à 3.000 d’entre elles pourront réaliser un diagnostic de leur appareil productif et le moderniser. Une aide financière est prévue, sous forme de prêts (entre 800 millions et 1 milliard d’euros) ou d’amortissements accélérés des investissements.

L’objectif, là encore, est à la hauteur du constat : le rattrapage, c’est pour dans cinq ans.

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