Pierre-André de Chalendar, PDG de Saint-Gobain : « L’ excellence opérationnelle est dans notre ADN »

Invité du Club Business réalisé avec Euro Media France, Pierre-André de Chalendar, PDG de Saint-Gobain rappelle notamment l’importance de l’excellence opérationnelle pour son groupe.

Challenges. Saint-Gobain a annoncé fin avril de bons résultats pour le premier trimestre, notamment en Europe. Qu’en est-il en France ?

Pierre-André de Chalendar. Nous avons enregistré un très bon chiffre, 7% de croissance interne. La France, qui reste notre premier marché, est un peu à la traîne, à 2,8% – contre 10% dans les autres pays européens. En France, nous sommes pénalisés, et c’est le point noir, par des statistiques de la construction neuve très négatives. Nous n’avons pas été aidés par la politique du logement menée ces deux dernières années.

Votre mandat de PDG devrait être renouvelé lors de l’assemblée générale de Saint-Gobain le 5 juin. Avec quelles ambitions ?

Après des années de gestion de la crise, nous pouvons repartir de façon prudente et progressive dans un nouveau cycle de développement. Ma feuille de route vise à augmenter la part des investissements dans les zones à forte croissance ; développer les métiers où il y a une intensité capitalistique plus légère, des métiers plus proches des clients ; et renforcer notre recherche et développement, déjà très active. Mais l’excellence opérationnelle est dans notre ADN, c’est pourquoi j’ai lancé ce plan d’économies de 800 millions d’euros d’ici à 2015.

Votre premier actionnaire, Wendel, a réduit sa présence à votre capital et Groupama en est sorti… Saint-Gobain est-il une proie?

Je ne crois pas que nous soyons une cible aujourd’hui. Saint-Gobain est plutôt dans une situation offensive, même si nous visons plutôt les petites et moyennes acquisitions. Les deux mouvements d’actionnaires que vous mentionnez sont très différents. La sortie de Groupama reflète le problème des assureurs en France : les règles prudentielles font qu’il leur est très difficile d’être des actionnaires. Pour Wendel, le recalibrage de sa participation ne change pas la gouvernance du groupe. Il a d’ailleurs confirmé son soutien à notre stratégie, et reste notre premier actionnaire. Nos salariés sont notre deuxième actionnaire, à 8 % du capital.

Regrettez-vous l’échec de vos discussions de fusion avec Lafarge en 2007 ?

Vous voulez dire que ça aurait permis à Lafarge de rester français ? En tout cas, c’est de l’histoire ancienne, même s’il pouvait y avoir une certaine logique à une époque. Les voies choisies par nos deux groupes ont été très différentes.

Envisagez-vous d’expatrier le siège de Saint-Gobain, comme d’autres grands groupes ?

Notre siège est en France et restera en France. Quitter la France n’aurait aucun sens pour Saint-Gobain. Notre projet est de nous installer dans une nouvelle tour à la Défense que nous ne construirons pas nous-mêmes, mais qui nous permettra d’exposer notre savoir-faire dans les technologies innovantes de l’habitat.

Vous avez appelé à faciliter les passerelles entre les entreprises et la politique. Arnaud Montebourg aurait-il gagné à faire un stage chez vous avant d’être nommé à Bercy ?

Arnaud Montebourg a eu une période d’acclimatation à ses nouvelles fonctions. Mais aujourd’hui, même si je ne suis pas toujours d’accord, je pense qu’il a compris les problématiques des entreprises. Mon prédécesseur, Jean-Louis Beffa, qui le conseille, n’y est peut-être pas pour rien… Il y a un problème de déconnexion entre le monde politique et le monde de l’entreprise. Si les parlementaires faisaient des stages en entreprise, ça leur éviterait de produire des législations paralysantes.

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