L’agilité des entreprises au service de la compétition internationale

Pour Viviane Chaine Ribeiro, présidente de Talentia-Software et administratrice de Syntec Numérique, la compétition internationale nécessite une adaptation permanente qui ne peut se faire qu'avec des entreprises agiles.

Créer une entreprise, la faire croître puis la gérer dans tous ses aspects sont autant d’aventures formidables : c’est une chance et un bonheur inouïs que de pouvoir, tous les jours, travailler avec passion à la croissance de son pays, de rencontrer des collaborateurs, d’avancer avec des clients.

Les secteurs des services et du conseil, en particulier, viennent appuyer des équipes installées pour révéler leurs qualités et transforment l’aventure entrepreneuriale en aventure collective en liant les gens entre eux autour de projets de transformation. Jamais les jeunes ne seront assez incités à s’élancer sur ce chemin, jamais les diplômés ne seront assez incités à rejoindre des entreprises pour les moderniser, les faire évoluer. Nous avons besoin d‘agilité car la compétition internationale et la nécessité d’adaptation permanente demande des entreprises agiles. Et pour cela il faut avoir le pied « sûr ». Les métiers, de la formation et du conseil sont la clef de voûte de cette agilité ; parmi eux, le numérique recrutera à lui seul 35 000 personnes (source : Apec) cette année.

Pourtant, aujourd’hui, ces secteurs, en croissance voient leurs entrepreneurs renoncer, s’expatrier ou, plus grave, fermer leurs portes. D’abord, ce sont certaines entreprises des services et du conseil qui sont confrontées à des redressements sur leurs frais de déplacements, sans pour autant qu’une règle claire existe et soit appliquée uniformément sur l’ensemble du territoire. L’entrepreneur du Loir-et-Cher se trouve plus menacé que celui des Charentes, bientôt réunis dans la même région. C’est ainsi l’histoire d’Advizium, qui emploie 25 salariés, et se voit demander, alors même que ces points n’avaient pas posé de problème lors des précédents contrôles, l’équivalent de 130% de son capital. Comment et pourquoi continuer dans ces conditions ?

Plus difficile encore, nos entreprises en croissance vont bientôt devoir se passer de stagiaires. La proposition de loi actuellement discutée au Parlement sur l’encadrement des stages revalorise, et c’est heureux, les rémunérations de ces jeunes. Cependant, en surabondant sur la trame claire de la loi Cherpion, elle limite non pas les très grandes entreprises mais bien les moyennes en imposant un quota maximal de 10% par entreprises et en limitant les stages à 6 mois au sein de la même entité. Que se passera-t-il pour les start-up, championnes de demain, qui auront droit à un tiers de stagiaire, ou peut-être à un seul au lieu des quatre qu’elles auraient voulu recruter ? Que deviendront, aussi, les très formatrices années de césure, qui permettaient aux étudiants d’acquérir une vraie expérience, dans un tel dispositif ? Enfin, quel dommage que d’accélérer la procédure de requalification en contrat de travail, si ces règles n’étaient pas respectées, qui va faire hésiter nos entreprises à toute embauche de stagiaire.

Tout comme la taxation des CDD courts n’a pas finalement pas permis de les limiter, une nouvelle loi sur les stagiaires ne permettra pas d’arrêter les abus.

Nous voulons continuer à oser, continuer à inciter les jeunes, en particulier les jeunes femmes, à entreprendre et à s’investir. A l’heure des annonces sur le pacte de responsabilité, le gouvernement et le Parlement doivent prendre les leurs et permettre à nos entreprises de croître, d’embaucher, à nos start-ups de rester en France, à nos PME de devenir de ETI dans un cadre harmonisé, clarifié et stable.

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