Entreprises françaises : l’attractivité sans la compétitivité

Le "baromètre attractivité 2014" du cabinet Ernst & Young révèle que les implantations d'entreprises ont remonté en 2013 mais que la France doit encore travailler sur sa compétitivité.

Non, la France n’est pas désertée par les investisseurs étrangers. C’est même le contraire, puisqu’elle figure à la troisième place européenne (derrière le Royaume-Uni et l’Allemagne) du « baromètre attractivité » annuel du cabinet Ernst & Young (EY). Réalisé en début d’année, celui-ci associe quelques données économiques avec une enquête sur la perception de la France par plus de 800 décideurs internationaux.

D’où il ressort que 2013 a été l’année du « redressement », durant laquelle les implantations d’entreprises sur le territoire ont retrouvé leur niveau d’avant-crise. « Une bonne nouvelle, souligne pour metronews Marc Lhermitte, auteur de l’étude, notable dans une économie où elles ne sont pas nombreuses. » Mais qu’il faut relativiser aussitôt : « Ce regain s’inscrit dans le cadre d’une reprise économique européenne, dont le Royaume-Uni et l’Allemagne profitent plus que nous« . Comme une malédiction…

« La France a des atouts de niveau mondial »

Foin du pessimisme, 34% des décideurs interrogés par EY croient en une amélioration future de l’attractivité de la France (contre 30% qui pensent le contraire). Un effet de la politique menée par l’actuel gouvernement ? « L’enquête a été réalisée au moment des annonces faites en début d’année, notamment sur le pacte de responsabilité, confirme Marc Lhermitte. Manifestement, les entrepreneurs en font crédit au gouvernement, signe que le buzz autour de la compétitivité a fonctionné« .

Reste, bien sûr, à transformer les paroles en actes. « Ce qui est clair, quand on discute avec ces décideurs du monde entier, c’est qu’ils attendent de voir : est-ce que la France aura le moyen de tenir ses engagements, difficiles à tenir, de réduction du coût du travail ? » Car l’enquête est très claire sur ce point : ce qui manque à la France selon les investisseurs, c’est de la compétitivité. L’allègement de la fiscalité de entreprises est ainsi la priorité de 43% d’entre eux, tandis que 34% réclament celui du coût du travail. « La France a des atouts de niveau mondial. Si elle traite sérieusement ce problème, elle pourra les révéler et connaitre le même retournement que celui de l’Allemagne ces dix dernières années« , assure Marc Lhermitte. Le retournement, celui promis par François Hollande, est donc possible.

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